Prose et réflexions

Parce que le soleil est apparu, la lumière a changé.

Elle perce par la petite fenêtre de la cuisine. Cela réchauffe l’intérieur et donne un ton ambré aux murs qui m’entourent.

Une nouvelle journée se lève, comme une nouvelle vie. Un nouvel élan pour enclencher les choses différemment.

Même ma démarche en semble impactée.


Je tiens. Parce que lâcher serait trop vertigineux.

Je tiens en ayant l’impression de ne pas avoir le choix.

Je tiens parce qu’il faut bien que quelqu’un tienne.

Je tiens parce que m’effondrer serait échouer.

Je tiens la rampe, je tiens bon, je tiens debout.

Je tiens loin et je tiens à distance.


Il est des jours sans question, de ceux qui coulent paisiblement jusqu’au lendemain.

Point d’anicroche ni de contrainte, et la vie semble filer plus vite que son ombre.

Il est l’heure de se coucher, et la journée se termine déjà. Rien ne l’aura marquée ; elle sera bien vite oubliée.

Doit-on sans cesse meubler notre existence de péripéties, bonnes ou mauvaises, afin d’en conserver la substance ?


Au-delà des mots, il y a des idées.

Des fugaces, des timides, certes, mais aussi des plus ancrées.

Des désirs profonds qui nous animent et nous motivent.

Des rêves inachevés qui ne demandent qu’à se réaliser.

L’envie d’écrire est de celles-là.


Une tasse de café devant moi, la journée démarre doucement.

Je laisse les pensées qui ont troublé ma nuit se déposer.

Je contemple simplement le rayon de soleil qui s’invite sur ma table et j’écoute le chant discret des oiseaux en ce début de printemps.

Tout semble suspendu, apaisé.

Chaque jour porte en lui la promesse fragile d’un recommencement.


Le chemin de traverse est couvert d’empreintes. Certaines sont légères, presque timides, d’autres s’imposent dans la terre. Il y a celles des hommes, celles des bêtes, celles qui vivent près de nous et celles qui fuient. Au milieu, je reconnais les miennes. Celles de tout à l’heure.

Je pose mon pied dedans, instinctivement. Comme pour revenir en arrière. Comme pour effacer.


C’est ici que tout commence.

Que la vie s’invente, se déploie, murmure sous la peau.

Mon ventre porte les traces des saisons traversées,

les empreintes laissées par ces corps minuscules devenus si grands,

mémoire vivante de ces mois suspendus à aimer sans voir.

Il y a les marques douces, celles qui racontent la joie,

et puis celles, plus âpres, gravées comme des éclats dans la chair,

pour ne jamais oublier combien la vie tient à un fil,

combien elle brûle, fragile et précieuse.

Alors, sur ce territoire bouleversé,

j’ai choisi de faire naître une fleur.

Comme une réponse. Comme une promesse.

Parce que la féminité persiste,

et que la sensualité, elle,

ne plie pas sous le temps.

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