Prose et réflexions

Parce que le soleil est apparu, la lumière a changé.

Elle perce par la petite fenêtre de la cuisine. Cela réchauffe l’intérieur et donne un ton ambré aux murs qui m’entourent.

Une nouvelle journée se lève, comme une nouvelle vie. Un nouvel élan pour enclencher les choses différemment.

Même ma démarche en semble impactée.


J’ai décidé de faire une liste de choses à faire et à défaire. Il paraît que cela peut mettre de l’ordre dans mes idées.

La toute première était de prendre du temps et du plaisir à écrire.

Un nouveau projet m’est aussitôt venu en tête. Il m’a enveloppée, accaparée, à tel point que ma liste n’a jamais vu de seconde ligne. À croire qu’elle s’était envolée.


Les carreaux en losange marbrés rappellent les moulures des plafonds. Dans le long couloir, précédé de deux imposantes colonnes, se succèdent des chaises d’attente alignées.

On m’a déposée là. Je ne sais pas exactement ce que j’attends. Des réponses, des solutions ?

Je suis seule à attendre. Peut-être m’a-t-on même oubliée. Depuis combien de temps suis-je là ? J’essaie de me concentrer sur mes questions, mais mon esprit ne parvient pas à rester présent.

Si je l’écoutais, je serais bien loin de ce couloir ocre et blanc, linéaire. Pas forcément très loin, peut-être juste de l’autre côté de la rue, dans ce parc que j’aperçois par la fenêtre. Assise sur un banc, au milieu des arbres, sous un rai de soleil, à observer les gens.


C’est une toute petite pince à linge avec une étoile dessus. Elle est accrochée là, au rideau. On la voit à peine, si l’on n’y prête pas attention.

Son utilité n’est pourtant plus à démontrer. Ici, elle retient deux rideaux entre eux, bien serrés l’un contre l’autre.

La lumière ne perce pas dans la pièce. Le soleil reste prisonnier au-dehors. Et la nuit, par cette toute petite entremise, se prolonge à l’infini.


Il y a des bancs qui ont vue sur rien et d’autres qui ont vue sur tout.

C’est le temps de l’observation ou de la contemplation, celui de la rêverie ou de la réflexion.

Suis-je dans l’attente ou simplement en pause…


J’ai posé un point final il y a quinze jours.

J’ai refermé deux années de vie, de mouvements, de chaos et de renaissances.

J’ai laissé partir mon héroïne.

Je l’ai abandonnée à d’autres possibles.

Peut-être est-ce elle qui me manque.

Peut-être est-ce moi que j’ai laissée partir avec elle.


Je tiens. Parce que lâcher serait trop vertigineux.

Je tiens en ayant l’impression de ne pas avoir le choix.

Je tiens parce qu’il faut bien que quelqu’un tienne.

Je tiens parce que m’effondrer serait échouer.

Je tiens la rampe, je tiens bon, je tiens debout.

Je tiens loin et je tiens à distance.


Il est des jours sans question, de ceux qui coulent paisiblement jusqu’au lendemain.

Point d’anicroche ni de contrainte, et la vie semble filer plus vite que son ombre.

Il est l’heure de se coucher, et la journée se termine déjà. Rien ne l’aura marquée ; elle sera bien vite oubliée.

Doit-on sans cesse meubler notre existence de péripéties, bonnes ou mauvaises, afin d’en conserver la substance ?


Au-delà des mots, il y a des idées.

Des fugaces, des timides, certes, mais aussi des plus ancrées.

Des désirs profonds qui nous animent et nous motivent.

Des rêves inachevés qui ne demandent qu’à se réaliser.

L’envie d’écrire est de celles-là.


Une tasse de café devant moi, la journée démarre doucement.

Je laisse les pensées qui ont troublé ma nuit se déposer.

Je contemple simplement le rayon de soleil qui s’invite sur ma table et j’écoute le chant discret des oiseaux en ce début de printemps.

Tout semble suspendu, apaisé.

Chaque jour porte en lui la promesse fragile d’un recommencement.


Le chemin de traverse est couvert d’empreintes. Certaines sont légères, presque timides, d’autres s’imposent dans la terre. Il y a celles des hommes, celles des bêtes, celles qui vivent près de nous et celles qui fuient. Au milieu, je reconnais les miennes. Celles de tout à l’heure.

Je pose mon pied dedans, instinctivement. Comme pour revenir en arrière. Comme pour effacer.


C’est ici que tout commence.

Que la vie s’invente, se déploie, murmure sous la peau.

Mon ventre porte les traces des saisons traversées,

les empreintes laissées par ces corps minuscules devenus si grands,

mémoire vivante de ces mois suspendus à aimer sans voir.

Il y a les marques douces, celles qui racontent la joie,

et puis celles, plus âpres, gravées comme des éclats dans la chair,

pour ne jamais oublier combien la vie tient à un fil,

combien elle brûle, fragile et précieuse.

Alors, sur ce territoire bouleversé,

j’ai choisi de faire naître une fleur.

Comme une réponse. Comme une promesse.

Parce que la féminité persiste,

et que la sensualité, elle,

ne plie pas sous le temps.

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